Le projet SHUNT
Durabilité du "système chasse"
SHUNT s’inscrit dans un contexte marqué par une forte pression anthropique sur les écosystèmes forestiers fragmentés, notamment dans la Forêt Classée de la Lama, dernier grand espace forestier protégé du Sud Bénin. La chasse constitue une source vitale de protéines et de revenus pour les populations locales, mais elle engendre aussi des risques environnementaux (perte de biodiversité, extinctions locales) et sanitaires (transmission de pathogènes).
SHUNT rassemble des experts issus de plusieurs disciplines — écologie, génétique, virologie, écotoxicologie, économie, sociologie et anthropologie — afin d’analyser en profondeur les interactions complexes entre les communautés rurales, la biodiversité locale et les enjeux sanitaires liés aux pratiques de chasse et à la consommation de viande de brousse. Notre démarche systémique et transdisciplinaire vise à mieux comprendre la complexité du « système chasse » et proposer des solutions durables à l’exploitation de la faune sauvage, en intégrant à la fois les dimensions sociales, économiques et écologiques qui interagissent dans le paysage forestier du Sud Bénin.
Le projet vise à impliquer activement les acteurs locaux, des chasseurs aux vendeurs, en passant par les consommateurs, les communautés rurales, les ONGs et les autorités gestionnaires, afin de co-construire des connaissances et des stratégies adaptées à ce contexte socio-écologique unique. En intégrant ces dimensions, SHUNT ambitionne de contribuer à la préservation de la biodiversité tout en soutenant les moyens de subsistance des populations locales, dans une perspective à la fois scientifique et sociétale.
SHUNT est financé à travers le mécanisme de financement dénommé Laboratoire Mixte International de l’IRD.
Objectifs spécifiques
Le projet SHUNT s’organise autour de quatre objectifs complémentaires :
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Décrire le fonctionnement global du circuit « chasse–marché » : quelles espèces sont prélevées, en quelles quantités, et comment elles circulent jusqu’aux points de vente. Il intègre aussi une dimension sanitaire, en examinant les agents pathogènes et les substances toxiques associés à ces produits. Les dimensions sociales et économiques sont également prises en compte, à travers les usages, les perceptions et la dépendance des populations à cette ressource.
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Mesurer les impacts de ces activités sur les écosystèmes forestiers et la santé humaine. Des indicateurs écologiques (diversité, abondance des espèces, état des habitats) sont suivis sur différents sites, tandis que les pratiques à risque sont observées sur le terrain. Cette approche permet de relier pression de chasse, état de la biodiversité et risques de transmission de maladies.
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Evaluer la durabilité de la chasse actuelle. Des données écologiques et socio-économiques collectées ainsi que les pratiques de prélèvement sont intégrées dans des modèles capables d’estimer la capacité des populations animales à se renouveler face aux prélèvements.
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Transformer ces connaissances en actions concrètes. En collaboration avec les acteurs locaux, le projet propose des solutions pour concilier besoins humains, conservation de la biodiversité et réduction des risques sanitaires, tout en sensibilisant les communautés et en accompagnant les politiques publiques vers une gestion durable de la faune sauvage.